Les neutrophiles et les lymphocytes sont deux types de globules blancs jouant un rôle essentiel dans la défense de l’organisme contre les infections, entre autres fonctions. Les globules blancs constituent un élément central de la réponse immunitaire face au stress physique et orchestrent le processus inflammatoire [1].
En divisant la valeur absolue des neutrophiles par celle des lymphocytes, on obtient le rapport neutrophile-lymphocyte (NLR). Ce rapport constitue un marqueur inflammatoire rapide et peu coûteux. Un NLR élevé, caractérisé par un excès de neutrophiles et une diminution des lymphocytes, indique généralement un stress important de l’organisme, souvent en lien avec une pathologie sous-jacente. lymphocytes, le NLR est élevé. Cela indique que l’organisme est soumis à un stress et constitue un signe de certaines pathologies.
Comment mesure-t-on le NLR ?
Le NLR est calculé à partir d’une analyse sanguine classique, qui identifie les différents types de globules blancs présents dans le sang. Lors d’un hémogramme complet avec formule leucocytaire, les taux de neutrophiles et de lymphocytes sont quantifiés avec précision.
Ce rapport fournit ainsi des indications précieuses sur l’état inflammatoire du patient.
- NLR normal : entre 1 et 4, bien que cela puisse légèrement varier selon les individus.
- NLR élevé : supérieur à 6, suggérant une inflammation importante.
En cas de pathologie sévère, le NLR peut atteindre des valeurs allant jusqu’à 100.
Un NLR élevé peut être associé à des infections graves, des pathologies chroniques, des affections inflammatoires ou des cancers.
Chez un patient présentant une infection bactérienne, on observe typiquement un taux de neutrophiles élevé et un taux de lymphocytes bas. Par exemple, une proportion de 80 % de neutrophiles et 10 % de lymphocytes est un signe fiable d’infection bactérienne.
Qu’est-ce qu’un taux de neutrophiles élevé ?
Chez l’adulte, la norme se situe entre 2 500 et 6 000 neutrophiles par microlitre de sang. Un taux supérieur à cette fourchette est considéré comme élevé [2].
Quelle est la cause la plus fréquente d’un excès de neutrophiles ?
Les infections bactériennes aiguës, notamment celles à pneumocoques, staphylocoques ou leptospires, sont les causes les plus fréquentes d’une neutrophilie. Certaines infections virales, telles que l’herpès ou la varicelle, peuvent également entraîner une augmentation du nombre de neutrophiles.
Neutrophiles élevés et lymphocytes bas : quels sont les risques ?
Un NLR élevé peut présenter plusieurs risques pour la santé. En période de stress ou lors d’une infection aiguë, le rapport peut s’élever jusqu’à 100. Il est donc souvent utilisé pour évaluer la sévérité d’une maladie et la réaction de l’organisme à une agression.
Par exemple, un NLR élevé est associé à des formes graves de COVID-19 et à d’autres infections sévères [3].
📚 Certaines études ont montré que le NLR pouvait permettre d’identifier les patients à risque accru de complications cardiovasculaires ou respiratoires.
Le NLR peut être plus utile pour prédire la gravité de l’infection. Par exemple, dans les services d’urgence des hôpitaux, l’utilisation du NLR peut aider à identifier et à traiter plus rapidement les infections sanguines (bactériémie) [4].
📚 Le NLR s’est aussi révélé utile dans le diagnostic de l’appendicite : plus le rapport est élevé, plus l’appendicite est susceptible d’être sévère et de nécessiter une intervention chirurgicale.
Parmi les pathologies associées à un NLR élevé, on retrouve :
- Septicémie (réaction inflammatoire systémique à une infection) [5]
- Bactériémie (infection du sang)
- Choc septique (chute de la pression artérielle liée à une infection)
- Pancréatite (inflammation du pancréas)
- Appendicite (inflammation de l’appendice) [6]
- Cancers [7]
- Maladies inflammatoires chroniques (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique) [8]
- Troubles auto-immuns comme la polyarthrite rhumatoïde
- Asthme (maladie pulmonaire chronique qui rend la respiration difficile) et allergies (réaction immunitaire à des substances généralement inoffensives).
Important : le NLR ne constitue qu’un indicateur parmi d’autres. Il doit être interprété dans le cadre d’un bilan clinique global.
📚 ÉTUDE : neutrophiles élevés et lymphocytes bas, quel lien avec le cancer ?
Certaines recherches se sont intéressées à la valeur pronostique du NLR chez les patients atteints de cancer traités par chimiothérapie. Un NLR élevé est associé à une évolution défavorable, notamment à une perte de poids ou à la cachexie.
Dans de nombreuses tumeurs solides, toutes localisations et stades confondus, un NLR élevé est corrélé à une baisse de la survie globale et à un pronostic plus sombre.
Comment interpréter un NLR élevé accompagné de lymphopénie ?
Le rapport neutrophile-lymphocyte est un marqueur relativement récent de l’inflammation, encore en cours d’évaluation dans de nombreuses pathologies. Bien que les données cliniques soient prometteuses, il ne convient pas à toutes les situations.
Il est conseillé d’interpréter le NLR en association avec d’autres résultats biologiques et examens cliniques, notamment dans le cadre d’une pathologie aiguë.
Dans certaines maladies, comme la leucémie, le calcul du NLR peut ne pas être fiable. De même, certains traitements (chimiothérapie, greffes de moelle ou de cellules souches) peuvent altérer les taux de neutrophiles et de lymphocytes et donc fausser le NLR [9].
Inflammation : neutrophiles en première ligne, lymphocytes en soutien
Les neutrophiles sont les premiers à intervenir lors d’une réponse inflammatoire (immunité innée), tandis que les lymphocytes prennent le relais plus tardivement (immunité adaptative).
Comment expliquer cette dynamique ? Lors d’une maladie aiguë, l’organisme produit des hormones de stress qui stimulent les neutrophiles et inhibent les lymphocytes. Ce déséquilibre se traduit par un NLR élevé, reflet du stress systémique.
Ce déséquilibre est associé à une gravité accrue dans plusieurs affections, comme les infections, les cancers ou les maladies cardiovasculaires.
Les neutrophiles et les lymphocytes sont des types de globules blancs qui protègent l’organisme contre les infections. Le rapport neutrophile-lymphocyte est un marqueur inflammatoire qui indique un stress dans l’organisme. Un NLR élevé peut être le signe d’une infection grave, d’une maladie chronique, d’un cancer ou d’un trouble auto-immun. Le NLR peut être utile pour prédire la gravité d’une infection et est le plus souvent utilisé pour évaluer la gravité d’une maladie et la façon dont l’organisme réagit à l’infection.
📚 Études : maladies cardiovasculaires, prééclampsie et pédiatrie
Relation entre le système immunitaire et les maladies La proportion neutrophiles/lymphocytes devient progressivement un marqueur reconnu du lien entre système immunitaire et maladies [10].

Figure. Valeurs seuils NLR rapportées et maladies. IMV, ventilation mécanique invasive ; CHD, maladie coronarienne ; UC, cancer urothélial.
Bibliographie:
1- Lee JS, Kim NY, Na SH, Youn YH, Shin CS. Reference values of neutrophil-lymphocyte ratio, lymphocyte-monocyte ratio, platelet-lymphocyte ratio, and mean platelet volume in healthy adults in South Korea. Medicine (Baltimore). 2018;97(26):e11138. doi:10.1097/MD.0000000000011138
2- American Cancer Society. Understanding your lab test results.
3- Kong M, Zhang H, Cao X, Mao X, Lu Z. Higher level of neutrophil-to-lymphocyte is associated with severe COVID-19. Epidemiol Infect. 2020;148:e139. doi:10.1017/S0950268820001557
4- Lowsby R, Gomes C, Jarman I, et al. Neutrophil to lymphocyte count ratio as an early indicator of blood stream infection in the emergency department. Emerg Med J. 2015;32(7):531-534. doi:10.1136/emermed-2014-204071
5- Li JY, Yao RQ, Liu SQ, Zhang YF, Yao YM, Tian YP. Efficiency of monocyte/high-density lipoprotein cholesterol ratio combined With neutrophil/lymphocyte ratio in predicting 28-day mortality in patients with sepsis. Front Med (Lausanne). 2021;8:741015. doi:10.3389/fmed.2021.741015
6- Hajibandeh S, Hajibandeh S, Hobbs N, Mansour M. Neutrophil-to-lymphocyte ratio predicts acute appendicitis and distinguishes between complicated and uncomplicated appendicitis: A systematic review and meta-analysis. Am J Surg. 2020;219(1):154-163. doi:10.1016/j.amjsurg.2019.04.018
7- Cupp MA, Cariolou M, Tzoulaki I, Aune D, Evangelou E, Berlanga-Taylor AJ. Neutrophil to lymphocyte ratio and cancer prognosis: an umbrella review of systematic reviews and meta-analyses of observational studies. BMC Med. 2020;18(1):360. doi:10.1186/s12916-020-01817-1
8- Langley BO, Guedry SE, Goldenberg JZ, Hanes DA, Beardsley JA, Ryan JJ. Inflammatory bowel disease and neutrophil-lymphocyte ratio: A systematic scoping review. J Clin Med. 2021;10(18):4219. doi:10.3390/jcm10184219
9- Stefaniuk P, Szymczyk A, Podhorecka M. The neutrophil to lymphocyte and lymphocyte to monocyte ratios as new prognostic factors in hematological malignancies – a narrative review. Cancer Manag Res. 2020;12:2961-2977. doi:10.2147/cmar.s245928
10- Buonacera, A., Stancanelli, B., Colaci, M., & Malatino, L. (2022). Neutrophil to Lymphocyte Ratio: An Emerging Marker of the Relationships between the Immune System and Diseases. International Journal of Molecular Sciences, 23(7), 3636. MDPI AG. Retrieved from http://dx.doi.org/10.3390/ijms23073636
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